Facebook est omniprésent. D’accord, les jeunes sont en train de le quitter et un réseau social pensant être une porte de sortie pour les utilisateurs mécontents voit le jour chaque mois. Au final, Facebook reste pour l’instant le numéro un dans la tête de tout le monde lorsqu’on parle de médias sociaux, surtout au Québec.

Facebook veut devenir la seule place qui existe sur Internet. Le réseau a déjà réussi à convertir beaucoup de personnes à mettre leurs vidéos sur Facebook directement en leur donnant davantage de vues grâce aux vidéos qui jouent automatiquement. Maintenant, il veut inciter les journaux à publier leurs nouvelles directement sur le site. C’est simple, les utilisateurs n’auraient plus à quitter Facebook et resteraient pris à jamais sur le site. Mouahahaha. En réalité, ce n’est jamais aussi simple.

Le problème de Facebook est qu’il ne veut pas donner une partie de ses revenus aux créateurs.

Pourtant, c’est une chose qui existe depuis le début d’Internet : le partage des revenus entre l’annonceur et le site web. Google permet facilement de le faire avec AdSense et il existe plusieurs autres façons de faire de l’argent avec votre site qui sont établies sur le partenariat. Imaginez tout d’un coup si « Internet » mettait de la pub sur votre site web, mais ne vous donnait pas d’argent. Comment est-ce que vous réagiriez?  C’est certain que vous feriez le saut.  Par contre, sur Facebook, tout le monde agit comme si c’était normal, comme si c’était un comportement normal de donner de l’argent à un autre réseau.

Je sais, je sais, vous utilisez le réseau gratuitement, donc vous n’avez pas à chialer sur quoi que ce soit. Mais quand vous êtes quelqu’un qui crée du contenu en ligne, votre utilisation n’est pas gratuite. Que ce soit par le temps que vous passez à créer ce contenu ou les coûts associés à votre création de contenus, il y a des frais à publier du contenu de qualité en ligne.

Pourtant, vous n’avez rien à gagner monétairement sur Facebook. Bien sûr, vous aurez plus de vues sur votre contenu et vous aurez de l’engagement et des fans. Par contre, ce n’est pas avec ça que vous allez payer l’épicerie.

Pour les sites de contenu, c’est aussi la perte des données sur les utilisateurs. Sur notre site web, on peut avoir beaucoup plus d’informations avec des outils de traçage. On peut savoir le type de contenu qu’il aime, le nombre de fois qu’il vient sur le site et encore plus. Imaginez un site web où les utilisateurs peuvent s’enregistrer, c’est une tonne d’informations qu’on perd, dont la possibilité de rejoindre l’utilisateur par la suite avec son courriel.

On peut aussi déduire entre les lignes que Facebook risque de prioriser l’accès au journal des utilisateurs aux producteurs de contenu qui utilise la plateforme native de Facebook. Un peu comme les vidéos Facebook sont davantage vues que Youtube.

Finalement, vous aurez beaucoup moins de contrôle sur l’expérience utilisateur. Que ce soit au niveau du type de contenu affiché ou le branding de votre site web,  vous pouvez tout oublier de ce que vous avez bâti des années (ou mois) à bâtir.

Ce problème n’est pas réservé à Facebook, mais aux médias sociaux de façon générale. Je prends l’exemple de Facebook, car c’est le seul réseau qui veut vraiment remplacer notre besoin de naviguer sur Internet. Est-ce une question de temps avant que Facebook demande aux entreprises de vendre leurs produits à travers le site web? Je blague, mais je pense que vous comprenez mon propos.

Facebook devra commencer à réfléchir à trouver un moyen de payer les créateurs de contenu qui vivent à travers leurs contenus pour penser enlever le besoin d’un autre site web que Facebook.

Sinon, tant que les créateurs auront de la difficulté à faire de l’argent à travers Facebook, ils n’auront pas le choix que d’aller ailleurs (et partager sur Facebook après).