J’ai eu la chance d’entendre parler Sébastien Fassier sur le retour de sa campagne auprès de Justin Trudeau durant les élections fédérales d’il y a quelques mois. Là, je sais que je suis en retard un peu sur le sujet, mais c’est la première fois que j’avais la chance d’entendre sa présentation. Je m’excuse de mon retard, mais vous allez voir que ça vaut la lecture quand même.

Sébastien était stratège numérique pour la campagne et laissez moi vous dire que c’était toute un job. Il devait gérer quelques dizaines de personnes (et plus selon les occasions) pour s’assurer que tout roule comme sur des roulettes sur les médias sociaux (et le web).

Maintenant, j’ai décidé de traduire ce qu’il nous a présenté sur la campagne électorale en conseils pour les grandes entreprises. Vous allez comprendre rapidement pourquoi.

 

Ce n’est pas parce qu’il y a beaucoup de monde que ça ne peut pas être agile

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Un journaliste dit quelque chose à propos de votre entreprise! Ohh non! En combien de temps pouvez-vous réagir? Chez le Parti Libéral, c’était de 4 à 6 minutes. Regardez l’image ci-dessus, c’est le cheminement de la question/du commentaire jusqu’à la réponse dans un environnement encore plus politique (eheh) que n’importe quelle compagnie. Pourtant, on parle d’un délai de 4 à 6 minutes maximum pour répondre.

Imaginez-vous votre compagnie essayez de répondre en 4 à 6 minutes à chaque commentaire de façon précise. C’est pour moi un très bel exemple de « C’est pas parce qu’on est beaucoup qu’on ne peut pas répondre vite. » Il faut seulement savoir à qui parler pour avoir la réponse et qui peut donner l’autorisation.

 

Préparation, préparation, préparation

Saviez-vous que l’équipe numérique avait passé au peigner fin tous les profils Facebook, LinkedIn et Twitter de tous les candidats en plus de faire de multiples recherches sur Google (et même Bing) pour tout trouver ce qu’on pourrait dire sur eux. Ça ne se fait pas sur le coup, ça prends des mois et des mois de préparation. Ça demande de réfléchir aux comportements que feront les journalistes/consommateurs durant la campagne.

Ce n’est pas tout, vous savez que votre PDG donnera une conférence de presse, pourquoi ne pas avoir toutes les questions possibles qui peuvent être posées avec les réponses à celles-ci? C’est exactement ce que le parti faisait avant les conférences de presse et les débat des chefs. Voici une partie de l’équipe qui était attelée pour prendre la charge des réponses (dans la war room) :

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Sur les médias sociaux, une journée est comme un siècle, on ne peut pas se permettre de répondre à un commentaire virulent quelques jours après. Cela va dans l’autre sens aussi : si un journaliste parle de vous en bien et que vous voulez répondre de façon humoristique : il faut faire vite avant que les gens soient désintéressés.

 

Les achats médias sont super importants

Le parti dépensait quelques dizaine de milliers de dollars en achats médias par jour simplement sur Facebook. On a beau dire que le message organique est important, prévoir un budget média pour promouvoir le contenu devrait devenir une simple formalité afin de rejoindre les bonnes personnes. Tout ça fait de façon intelligente bien sûr.

L’achat média est là pour supporter vos campagnes, vous vous devez de les inclure dans vos stratégies.

 

Avoir des processus très précis en place

Un peu comme l’exemple mentionné ci-dessus sur la réponse aux commentaires, il faut que tout soit prêt à rouler au quart de tour selon la situation qui se présente. Tout le monde doit connaître son rôle exact dans l’entreprise pour permettre au processus de suivre son cours. Des processus doivent être écrits afin de vous permettre de savoir à quoi se référer lorsqu’arrivera l’incident.

Il en va de même pour la mise en ligne de contenu. Lorsque un tweet mal dit peut provoquer une perte de pourcentage au sondage, chaque processus doit être suivi à la lettre pour éviter tout erreur. C’est la même chose pour les entreprises qui se voient parfois perdre des valeurs à la bourse à cause d’un tweet mal placé d’un haut placé. Cela veut dire que tout le monde doit respecter ces processus d’approbation.

 

Sortir des règles de temps en temps

Cela ne veut pas dire que parfois il faut être humain. C’est exactement ce qu’a fait le partie après que Justin Trudeau a fini une phrase en disant « mon amour » à Gilles Duceppe. Voici la réaction du compte Twitter :

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Big (EXTREMEMENT) big data

Savez-vous dans quel codes postaux vous devriez mettre le plus de publicité pour rejoindre les hommes de 50 ans et plus qui aiment votre marque? C’est exactement ce que sait le Parti Libéral, car ils ont pris le temps de bien analyser les données disponibles.

Il n’est pas obliger d’avoir des détails aussi précis, bien sûr! Par contre, ça ne fait pas de mal de savoir où sont vos clients exactement, car si vous avez un message précis à envoyer à une clientèle précise, cela peut être plus pratique que de simplement envoyer à tout le monde. Le but n’est pas toujours d’avoir le clic ou l’engagement le moins cher possible, c’est aussi une question de cibler la bonne personne.

 

Former les hauts dirigeants

Une faute dans un tweet d’un haut dirigeant peut provoquer un article dans les journaux. Cela veut dire qu’il y a beaucoup de formations à faire pour leur faire comprendre l’importance des médias sociaux, mais aussi pour bien les utiliser. Cela peut peut-être signifier que la gestion de communauté doit être sous-traiter.

C’est souvent par là que passe l’intégration du marketing numérique dans les stratégies d’affaires. En les faisant comprendre le fonctionnement dans la vie de tous les jours, cela permet de comprendre l’importance des médias sociaux.

D’où mon prochain point…

 

Si la direction croit au numérique, ça va beaucoup mieux

La direction doit être d’avis que le marketing numérique est important pour que celui-ci se fasse bien. Ce n’est pas simplement un ajout par la suite comme ajoute la cerise sur le sundae, c’est un était d’esprit. En incluant le numérique dans vos stratégies d’affaires, cela veut dire que c’est beaucoup plus simple s’adapter aux nouvelles tendances.

C’est ce qui est arrivé avec l’équipe de Justin Trudeau : un spécialiste du numérique faisait partie des discussions importantes pour toujours garder près de la stratégie le marketing numérique. En ayant la direction de votre côté, c’est beaucoup plus simple d’avoir l’entreprise au complet sensible aux médias sociaux.

 

 

Garder la gestion simple

Quels étaient les outils utilisés durant la campagne électorale où tout était optimisé de façon précise?… Google Docs et Slack.

Une des raisons pour utiliser des logiciels qui ne sont pas « à la fine pointe de la technologie » était que le on-boarding est plus simple. Pensez à ça, une nouvelle personne arrive dans l’équipe, voulez-vous que celle-ci soit capable de travailler pour vous dans le premier mois ou dans la première journée? Avoir des outils trop compliqués en place rends les processus encore plus lourds et la même chose au niveau des temps de réaction.

 

Conclusion en deux mots

Si j’avais à résumer le succès de la campagne en deux mots : préparation + agilité.

 

 

(images prises lors de la conférence et prises sur le compte Twitter de @FelixCCharest.