Ça fait déjà 1 an que je suis travailleur autonome. Déjà! Laissez-moi vous le dire: ce n’est pas si simple que ça. Par contre, mettons une chose au clair: mes affaires vont très bien, ne vous inquiétez pas!

Je vous le dis tout de suite, ce n’est pas: «Je travaille 15 h par semaine et je gagne autant d’argent qu’avant», du moins pas au début.

Voici les différents aspects du travail autonome. Plus tard, je rédigerai un autre article sur des trucs de travailleurs autonomes. Bien sûr, il s’agit de mon expérience personnelle, certains vous diront quelque chose de complètement différent!

 

Les bons côtés

Tu es ton propre boss. Personnellement, je n’ai aucun problème avec l’autorité ou recevoir des ordres, mais c’est agréable de décider de mon horaire, en tout temps.

Tu rencontres beaucoup de monde. En effet, c’est plaisant, même si au quotidien tu es souvent seul, tu finis par rencontrer beaucoup de gens grâce aux différents mandats ou même lorsque tu travailles dans des cafés.

Tu as plus de temps pour travailler sur des projets personnels. Pour l’instant, dans mon cas, c’est le contraire. Je travaille davantage que lorsque j’étais employé et je ne peux pas simplement « ne pas travailler » et dire que c’est un projet qui ferait grandir l’agence. Par contre, dès que c’est plus relax, j’ai de nombreux projets en tête qui attendent que je les réalise!

Tu travailles ta propre marque. C’est une des choses que j’aime le plus. Tu travailles ta marque personnelle avec des clients. Ce n’est pas « Agence inc. » qui brille, c’est Thoma Daneau! C’est un investissement à plus long terme.

Tu travailles partout. Je suis souvent dans des cafés, ça apporte beaucoup de changements. Ça peut sembler simple comme ça, mais moi ça me plaît. Certains se louent un espace de coworking ou vont dans des cafés voués au travail. À vous de trouver la routine parfaite.

 

Les moins bons côtés

Tu dois gérer ta comptabilité. Certains diront que ce n’est pas vraiment un aspect négatif… mais en réalité, ce n’est pas plaisant de devoir gérer ses comptes. Ça veut dire: accumuler les factures et les saisir dans un outil spécifique pour ne rien oublier. Ça veut aussi dire que les rapports d’impôts deviennent plus compliqués.

Des clients qui ne payent pas. Ça n’arrive pas souvent, mais ça se produit toujours. Devoir courir après un paiement de 500 $, ce n’est jamais plaisant, même si ça semble être un petit montant pour les deux partis, il vous appartient!

Du temps et du temps «perdu». Ma blonde dirait qu’il n’y a jamais de temps perdu, mais ça fait quand même quelque chose quand le boulot s’accumule et qu’un client potentiel prend 3 h de votre temps pour finalement se rendre compte que les affinités ou les tâches désirées ne sont pas de la partie. J’ai d’ailleurs pris l’habitude de filtrer mes rencontres par téléphone avant le premier rendez-vous. En étant employé, c’est moins grave, c’est le patron qui paye la note et tu ne fais que te dire: « il n’avait pas besoin de nos services », mais la perte économique dans ce genre de situation est énorme pour un travailleur autonome surchargé.

Tu es seul. J’ai eu la chance d’avoir un client qui était un ancien employeur et pour lequel je pouvais travailler sur les lieux de l’entreprise, mais être travailleur autonome c’est souvent se retrouver seul. Ce n’est pas tant travailler avec d’autres personnes sur les mêmes projets qui finit par vous manquer, mais plutôt le contact physique et l’ambiance de travail.

 

 

Les côtés neutres

Tu donnes beaucoup plus d’argent au gouvernement, du moins, tu en as l’impression. Quand tu as un employeur, ça simplifie de beaucoup les impôts. Puisque tout est prélevé à la source, aucun souci. C’est autre chose pour un travailleur autonome! Par exemple: tu encaisses un chèque de 5000 $. « WOOHOO je suis riche! », non. 15 % vont aux taxes. Il reste 4250 $ environ. Ensuite viennent les impôts, environ 30 %. Il reste 2975 $. Un 10 % (du total) à la RRQ et un X % (que je n’arrive même pas à trouver facilement) pour l’assurance emploi. Il me reste environ 2000 $. Donc, je dois placer 3000 $ dans un compte spécifique de la caisse pour les remboursements en mars prochain. Je ne veux pas faire un cours de comptabilité, mes études dans le domaine ne sont plus trop à jour. Je souhaite simplement vous mettre en garde et vous dire que vous devez BIEN gérer votre compte bancaire.

Tu travailles fort. Je n’ai jamais autant travaillé que depuis que je suis travailleur autonome. J’ai travaillé au moins 50 h par semaine durant les 6 derniers mois. Ça fait un an que je n’ai pas pris de vacances. C’est plus difficile de prendre congé, parce que si une semaine de 50 h facturables vient de se terminer, tu dois clencher pour essayer de trouver d’autres mandats puisque tu n’as pas eu le temps de travailler tes leads. Au moment d’écrire ces lignes, je pourrais travailler à l’obtention d’un nouveau mandat avec un client potentiel. Dans ces moments-là, il faut rationaliser et ne pas virer fou avec un horaire surchargé.

Tu dois trouver tes propres leads. Bien que cela paraisse évident, en tant que travailleur autonome, ça ne l’est pas toujours. Le premier mois est plus facile: vous changez vos statuts LinkedIn et Facebook et vous écrivez à tous vos amis. Vous obtiendrez facilement quelques leads, simplement en vous annonçant. Par contre, au bout de 3 mois, c’est plus compliqué parce qu’il n’est plus possible de faire une grande annonce à nouveau. C’est là que la game commence. Je l’ai inscrit dans « neutre », car c’est à la fois difficile et motivant.

Tu exécutes les mandats qui te plaisent. Tout travailleur autonome qui commence vous dira que c’est à moitié vrai. Refuser un contrat, c’est parfois dire non à une semaine où tu pourrais travailler au lieu de faire autre chose. C’est toujours plus difficile qu’on ne pourrait le croire de refuser un contrat. Il faut parfois réfléchir à long terme et dire non ou au contraire penser à l’hypothèque et dire oui.

Alors, Thoma, tu continues l’aventure?

Pour l’instant, oui!